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| Histoire de l'ANSAA | Qu'est-ce que l'Armée d'Afrique ? |
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APERÇU D’HISTOIRE DE L’ARMÉE D’AFRIQUE
par le Général ( cr ) Bertrand Dupont de DINECHIN, Vice Président de
l’Association |
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"L'Armée d'Afrique" vers 1840 |
« L’Armée d’Afrique », c’est le nom qui avait désigné
en 1830 le corps expéditionnaire d’Alger ; il a continué à
s’appliquer par la suite aux troupes qui ont conquis, occupé et pacifié
ce qui fut appelé la « Régence d’Alger ». Après la conquête
algérienne, la dénomination d’Armée d’Afrique s’est étendue aux
troupes de Tunisie, du Maroc et du Sahara et désignait des unités à
allure particulière, à la fois européenne – zouaves, légionnaires,
chasseurs d’Afrique, artilleurs, tringlots, sapeurs, bataillonnaires
d’Afrique, ou indigènes – tirailleurs, spahis, goumiers, méharistes
sahariens, et des services, santé, intendance, génie, matériel,
transmissions, justice, etc…., puis aux unités de l’Air et de la
Marine, et en France après 1914-1918 aux unités indigènes qui séjournèrent
aux frontières du Nord-Est, des Alpes et en occupation. Cette Armée
forgea la doctrine qui constitua l’art politique de la colonisation française
dans tout le Maghreb où l’officier était investi d’une triple
mission, militaire, politique et administrative. Maillons
d’une même chaîne, de BUGEAUD à LYAUTEY et JUIN, tous ont connu et
aimé les indigènes. Il les ont toujours traités, et fait traiter, avec
bonté, équité, humanité et dignité. L’œuvre
accomplie au Maghreb de 1830 à 1962 fut considérable . L’Armée
d’Afrique a marché, peiné, lutté, souffert dans le combat et dans la
pacification pour mieux approcher les populations, les soigner, les
administrer, les éduquer, leur apporter le bien-être matériel et le
respect de la personne humaine. Ses ambitions ne se sont jamais bornées
aux seules opérations militaires, et avec le même élan de dévouement
et de sacrifice, l’Armée d’Afrique a manié les armes, l’outil, la
justice, pour faire aimer la France. Pendant 130
ans, sur tous les champs de bataille où la France a eu à défendre son
indépendance, sa liberté, son honneur, l’Armée d’Afrique a payé
largement de son sang et plus d’un million des siens sont « morts
pour la France ». En Crimée, au
Mexique, en Italie, pendant toute l’épopée coloniale, sur tous les théâtres
d’opérations des Dardanelles, des Balkans, au Levant, en Tunisie, au
Maroc, au Sahara, sur tous les fronts français de 1870, de 1914-1918, de
1939 à 1945, à Madagascar, en Indochine, et enfin avec les jeunes générations
en 1954-1962, l’Armée d’Afrique a porté haut l’honneur de l’Armée
française comme en témoignent, avec éloquence, ses nombreux titres. |
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"Isly 1844" |
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"La charge de Floving (prés de Sedan)" |
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Le 1er tirailleur à Wissenbourg |
Par trois fois
, en 1870-1871, en 1914-1918, en 1939 à 1945, elle est venue au secours
de la France envahie et c’est là qu’elle a payé son plus lourd
tribut. En
1870-1871, le gros de ses trois divisions de marche prenait part à une
campagne hélas ! déjà perdue. Mais les turcos, les zouaves et les
chasseurs d’Afrique, engagés dans les batailles inscrivaient les plus
belles pages d’héroïsme dans des combats célèbres dans les annales
militaires. En
1914-1918, les effectifs représentant 25 divisions ont été levés, mis
sur pied et engagés tant sur le front de France que sur celui du
Moyen-Orient, Dardanelles et Macédoine – leurs pertes furent énormes
– 270 000 hommes – les trois quarts de leurs effectifs. L’Armée
d’Afrique fut de toutes les offensives les plus dures, de toutes les
batailles les plus meurtrières. Au Moyen-Orient, sous les ordres de leur
chef, le général FRANCHET d’ ESPEREY, un enfant de cette terre d’Afrique,
elle obtint, bien avant l’armistice, la capitulation totale des
Bulgares, des Turcs et des Austro-Hongrois, alliés de l’Allemagne.
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"Tirailleur 1914-1918" |
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"L'Armée d'Afrique en mai 1940" (Syrie) |
En 1939-1940,
six divisions Nord-africaines se distinguent en Belgique, sur l’Aisne,
sur l’Ailette. Partout elles furent engagées tandis que le gros des
corps d’Afrique du Nord montait la garde aux frontières de ce qui
constituait alors, l’Empire Français. De 1940 à
1942, certaines unités, sous l’impulsion de chefs prestigieux (KOENIG,
de LARMINAT, BROSSET) rejoignent la France libre et combattent aux côtés
des Anglais en Erythrée, en Libye, et en Tripolitaine ; l ‘épisode
de Bir-Hakeim, où s’illustrèrent notamment les légionnaires de la 13ème
DBLE, est dans toutes les mémoires.
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"Tirailleur en 1942" |
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"Défilé de l'Armée d'Afrique dans Rome en 1943" |
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"Débarquement de l'Armée d'Afrique en Provence" |
En 1942, après
le débarquement Anglo-Américain en AFN, l’Armée d’Afrique reprend
le combat, retrouve son unité avec ceux de Dans les premières
vagues de combattants du débarquement allié sur les côtes de Provence,
en Août 1944, sous le commandement du Général de LATTRE de TASSIGNY les
troupes venues d’Afrique du Nord étroitement unies aux divisions enlevées
du front Italien, s’emparent de Toulon et de Marseille, remontent la
vallée du Rhône, retrouvent leurs amis de la 2ème DB du Général
LECLERC venant de Normandie, participent aux durs combats des Vosges et de
la poche de Colmar et ont la joie , en Avril 1945, de franchir le Rhin et
de pénétrer en Allemagne. Le 8 mai 1945,
leur chef, le Général de LATTRE de TASSIGNY, signe à Berlin aux côtés
des chefs alliés l’acte de capitulation de l’Allemagne. Rappelons :
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"Le 1/3° RTM au sud du Laos" |
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"Algérie 1958 - Spahi en mission de Pacificateur" |
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Général de LATTRE de TASSIGNY, Général JUIN, Croix du sud |
Il faut aussi
signaler, pour la guerre de 1939-1945, que sur 36 régiments
d’Infanterie titulaires de la fourragère rouge , jaune ou verte (Médaille
Militaire et Croix de Guerre), 21 sont des régiments de l’Armée
d’Afrique dont 11 de Tirailleurs marocains et Tabors qui ont été de
toutes les opérations de 1942 à 1945 et que sur les 19 régiments de
l’Arme Blindée et Cavalerie ayant ces fourragères, 10 sont de l’Armée
d’Afrique.
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